Rubrique : L’UNSA et les TPE

Formation : les salariés de TPE désavantagés …

Le déficit d’investissement des PME-TPE dans la formation professionnelle est hélas une réalité qui impacte les salariés de ces entreprises et notamment les moins qualifiés : les personnels formés étant encore plus qu’ailleurs, issus de l’encadrement.

Les chiffres sont éloquents (CEREQ-2016) : alors que 50 % des salariés français ont suivi une formation en 2015, l’écart est important entre les TPE (25 %) et les grandes entreprises (63 %). En termes financiers, les grandes entreprises ont investi trois fois plus que les petites en 2018.

Les freins ont été identifiés et sont variés (enquête CEREQ) : manque de temps et charge de travail trop lourde, difficultés de remplacement du personnel, coût trop élevé des actions de formation à financer ou co-financer, déficit d’information sur les dispositifs existants, perception négative par les employeurs de la formation professionnelle vue comme une contrainte…

Si l’on affine cependant l’observation, comme nous le propose la dernière étude du CEREQ sur le sujet, publiée en 2018, on peut caractériser des politiques de formation hétérogènes et en dresser une typologie articulée sur trois catégories de TPE.

La première, regroupe les entreprises dites managériales et formatrices (37 % des TPE), celles-ci ont une politique de formation développée, comparable aux plus grandes. Une personne est souvent dédiée à la formation dans le cadre de la gestion des ressources humaines. Leur dirigeant est diplômé du supérieur et il vise avant tout la croissance de l’activité de son entreprise. Un tiers de ces TPE font partie d’un réseau d’enseignes ou de franchise. Elles sont dans une dynamique d’embauches et le développement des compétences est un enjeu central. Comme les grandes entreprises, elles s’appuient sur l’ensemble des partenaires et prestataires utiles : OPCA, chambres consulaires, organismes de formation, consultants…

Le second groupe est composé d’entreprises traditionnelles plus anciennes souvent familiales, leurs dirigeants sont peu diplômés, elles déclarent avoir peu de besoins en formation, hormis celles dont l’objet est principalement réglementaire (habilitation, sécurité…) et qui sont suivies par une minorité de salariés. Ces entreprises à dominante de main d’œuvre ouvrière (45%), souvent en difficultés économiques sont représentées par exemple, dans la restauration traditionnelle, le bâtiment, la réparation automobile.

Enfin une troisième catégorie de petites structures dites entrepreneuriales construites autour d’un projet ou d’un service innovant souvent dirigées par son créateur peu diplômé, entouré de personnel faiblement qualifié et bénéficiant d’une croissance plus forte sur leur marché, privilégie la formation en interne ou sur « le tas ». Ces entreprises de création plus récente font très peu appel à la formation mais ont plus souvent recours aux contrats d’apprentissage.

Cette cartographie de l’approche des TPE vis-à-vis de la formation n’est pas figée et en fonction de l’évolution des contextes de marché ou d’évolution des produits ou services peuvent voir leurs pratiques évoluer.

Face à cette situation et au déficit de formation dans les TPE, la mise en place de la nouvelle loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », votée en septembre 2018, apportera-t-elle des réponses ?

La reconnaissance et le développement de l’action de formation en situation de travail (AFEST) sera-t-elle une modalité adaptée et surtout utilisée au sein des TPE ?

La création des opérateurs de compétences (OPCO) et leurs nombreuses missions dédiées à l’accompagnement des PME-TPE : gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, analyse des besoins, participation à l’élaboration des certifications, appui aux dispositifs d’alternance … sera-t-elle un levier de mobilisation pour les employeurs ?

Les salariés de TPE, aujourd’hui pour une partie d’entre eux, écartés des dispositifs de formation, bénéficieront- ils des actions d’accompagnement et d’information inscrites dans la loi ? Auront-ils la possibilité d’utiliser pleinement leur Compte personnel de formation (CPF) « nouvelle version », monétarisée et possiblement abondé par l’employeur notamment ?

Face à ces enjeux, l’UNSA sera aux côtés des salariés de TPE pour qu’ils puissent exercer concrètement ce droit à la formation tout au long de leur vie professionnelle, dont ils sont aujourd’hui trop souvent privés.

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